Première mondiale : l’homéocide
Le meurtre à dose homéopathique
Par Fred, vendredi 18 septembre 2009 à 10:16 :: Le challenge ::#62
D’après moi, mais je ne suis probablement pas le seul, les effets de l’homéopathie sont de l’ordre du placébo, et du placébo uniquement.
La raison en est d’ailleurs assez simple ... il n’y a rien dedans, et donc ça ne peut pas avoir plus (ni moins d’ailleurs) d’effet que la poudre de perlimpinpin.
Quand on entend le nom de certaines préparations homéopathiques, il y a cependant de quoi frémir :
- Arsenium album
- Belladona
- Hepatica
- Nux Vomica
- Rhus toxicodendron
- Tabacum
Brrr, j’en ai froid dans le dos !
Prenons « Arsenium album » composé d’arsenic [1], ou « Belladona [2] ». On doit pouvoir tuer quelqu’un assez facilement avec des produits aussi toxiques.
Celà me donne donc une idée que je qualifierai, modestement, de géniale ... l’homéocide [3]
Recette pour un crime parfait :
- prenez 10 boites de chacun de ces produits (arsenium et belladona), à différentes concentrations possibles (5CH, 7CH, 12CH, 15CH et le plus dangereux 30CH) ;
- une fois que vous avez ces 100 tubes (ça fait beaucoup, mais bon quand on veut quelque chose, il faut y mettre les moyens), faites avaler les granules [4] à votre victime, bon là c’est la partie la plus délicates, faut lui faire croire que c’est des M&M’s blanc, ou du caviar de Belluga albinos, de la soupe de tapioca, bref soyez créatif, il en va de la réussite de votre entreprise criminelle ;
- attendre que le poison fasse effet [5].
Grâce à la propriété magique de l’homéopathie, vous venez de commettre le crime parfait :
- la victime décède, bon ça c’était le but ;
- il n’y a aucune preuve matériel, puisque vous lui avez fait avaler des granules contenant : rien ... Alors pour les analyses en recherches de toxiques, le FBI, les experts et consorts peuvent se rhabiller !
HA HA HA HA [6]
J’en reviens pas comme je suis fort !
[1] L’oxyde arsénieux ou arsenic blanc, improprement appelé arsenic, de formule As2O3, est un poison violent.
[2] La belladone (fruits, racines, feuilles) est une plante extrêmement toxique
[3] Homicide homéopahtique
[4] Mise en garde : attention de ne pas faire avaler les granules avec les tubes, pasque là sinon, c’est quand même dangereux
[5] Attention ça peut quand même prendre plusieurs dizaines de ... années, selon l’age de la victime et son état de santé
[6] Rire machiavélique à la Fantomas
Commentaires
poudre de perlin pinpin je veux bien mais depuis que je traite certaines affections avec elles guérissent plus vite, sans antibios autre merde dont on pourrait contester l’utilité et la prescription et certaines (angines) ont même disparu de mon panorama hivernal . Alors même sans preuve que je dirai matérielle si çà marche au moins çà n’empoisonne pas ... ceci dit je n’irai pas l’employer pour tout évidemment faut être un p’tit peu lucide .
Bernard
Certes l’homéopathie a un côté placebo évident, mais comme tous les médicaments. Il nous est appris en facultée de pharmacie ou de médecine, que la composante « placebo » serait de l’ordre de 30%.
Que représentent ces 30% ? Ils sont certes virtuel mais traduisent l’importance de l’adhésion du patient à son traitement. Sans cette adhésion, le traitement risque d’être moins bien supporté, d’avoir plus d’effets secondaires ou d’être moins efficace.
Elle est d’autant plus importante que la maladie est grave (cancer...). Dans ce cas cette simple adhésion au traitement peut compromettre le pronostic vital du patient.
D’aucun appellent aussi ce phénomène le psycho-somatisme et y rattachent la longue liste des maladies du même nom (eczéma, psoriasis, certains ulcères gastriques, dépression, etc.).
Ensuite envisageons ce qu’est un médicament. La définition du Code de la Santé Publique (Art. L5121-1) nous dit qu’il s’agit de « …toute substance présentée comme ayant des propriétés curative ou préventive à l’égard des maladies humaines ou animales... »
L’homéopathie répond bien à cette définition.
Par ailleurs, en médecine la doctrine de départ est « primum non nocere ». Ce à quoi l’homéopathie répond parfaitement.
Si par ailleurs on considère qu’une très large partie des patients qui l’emploient sont guéris aussi bien que s’ils avaient pris de l’allopathie que nous chaud les chagrins qui réclament à corps et à cris une explication rationnelle sur le mode de fonctionnement, le dosage, la pharmacologie, pharmacocinétique et consort.
Dans une très grande partie de la médecine, il convient plus de soigner l’âme que le corps. A trop oublier le patient au profit de la science, on fini par pratiquer une médecine inhumaine.
Et puis, dans le fond, ça fait vivre des gens l’homéopathie, non ? Un peu comme la grippe A. Je n’ai pas plus confiance en certains labos véreux qui sèment sur le marché des molécules dont l’efficacité est discutable qu’en ces homéopathiques pilules aux ailes de mouches et aux pattes d’araignées. Au demeurant, pour un homicide, je m’orienterai plus volontiers vers la médecine traditionnelle, c’est plus fiable.
J’ai besoin d’une précision, quand tu dis la composante serait de 30% tu parles de la composante d’un médicament ou de celle d’une préparation homéopathique ?
Après vérification, le code de la Santé Publique, ne dit pas cela dans sa version du 23 juillet 2009 [1], ni dans aucune version antérieure depuis 2000 d’ailleurs. Il s’agit en fait d’un règlement europpéen [2], l’extrait complet indique d’ailleurs : « a) médicament : toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être administrée à l’homme ou à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier des fonctions organiques chez l’homme ou l’animal ; »
Il ne s’agit plus là d’avoir une action, mais d’être présenté comme tel,et en effet, l’homéopathie est présentée comme ayant une action.
Primum non nocere est une locution latine attribuée au médecin grec Hippocrate et qui signifie : « d’abord, ne pas nuire », mais le doctrine n’est pas complète [3], le but est ainsi défini : « avoir, dans les maladies, deux choses en vue : être utile ou du moins ne pas nuire », si le deuxième principe est indiscutablement vérifié pour l’homéopathie [4], vue sa composition ; on peut et doit débattre du premier « être utile », ce n’est bien sûr pas le seul problème que pose l’homéopathie, mais c’est une bonne base de départ. On dira que c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante.
Alors là je suis un peu vexé par le terme « les chagrins » ... je suis un de ces « chagrins », mais j’essaie de rester courtois.
Ce détail mis à part, j’ai beaucoup à dire sur ce simple paragraphe, et notamment sur « une très large partie des patients qui l’emploient sont guéris aussi bien que s’ils avaient pris de l’allopathie »
C’est, à mon sens le point d’orgue de cette discussion ; autant les points règlementaires ne sont pas très passionnants sur le fond, autant les assertions sur l’efficacité de cette pratique le sont plus.
Pourquoi réclamons-nous « ... à corps et à cris une explication rationnelle sur le mode de fonctionnement, ... », jusqu’à ce jour, la méthode scientifique est la seule à avoir fait ses preuves pour expliquer notre univers. Bien sûr, elle ne donne pas les explications de toutes les manifestations naturelles, mais s’est une démarche qui a l’avantage de la partialité, de la reproductibilité, de la vérifiabilité et de la simplicité.
Ensuite, le sceptique [5], mais également toute personne de bon sens, s’attend à ce qu’une nouvelle technique fasse preuve de son efficacité ; à ce jour, l’homéopathie ne l’a pas fait autrement qu’au travers de témoignages, aucune étude n’a pour l’instant démontré une action différente que celle du placébo, dont je rappelle ici la définition [6] :
Ainsi, l’homéopathie n’est pas mesurable d’un point de vue de sa composition, par ailleurs elle échappe à la méthode scientifique, elle n’est également pas démontrée par des études en double aveugle, c’est à dire qu’elle n’a pas été testée comme les autres médicaments, je vous invite à consulter, Étude randomisée en double aveugle, pour plus de précision sur cette méthode.
Ce sont, à mes yeux des points difficiles a accepter. Or quand on doute de l’efficacité de cette pratique, on reçoit une ribambelle de noms d’oiseaux, dont « chagrins » est encore le plus mesuré.
Je n’ai aucun commentaire à faire là dessus l’assertion est on ne peut plus juste [7]
Ma vie durant (quarante ans ou presque), je n’ai encore jamais été confronté à une médecine inhumaine. Que des médecins soient trop techniciens, des pharmaciens trop commerçants, des hôpitaux trop impersonnels, ... on ne peut pas le nier ; mais on ne peut certes pas le généraliser non plus.
[1] Art. L5121-1 : Version en vigueur au 23 juillet 2009
[2] Règlement (CEE) n° 1768/92 du Conseil, du 18 juin 1992
[3] Le principe
[4] Je mets tout de même un bémol à cet « indiscutablement » ; en effet, l’usage de l’homéopathie peut entrainer un retard dans le prise d’une thérapie efficace qui peut nuire dramatiquement au malade.
[5] je vais employer ce terme de préférence à « chagrins », car il est, d’une part plus proche de la réalité, et d’autre part moins connoté négativement
[6] placébo
[7] et applicable dans bien d’autres domaines
Il n’existe à ce jour aucune preuve que la disparition ou la moindre virulence des affections dont tu souffrais [1] soit liée à l’usage de l’homéopathie, du moins autrement que par le fameux effet placébo dont je parle dans la « réponse à Didier ».
Je te renvois à la « réponse à Didier », dans laquelle j’ai traité de ce sujet, avec le même bémol ... ça ne t’empoisonne pas ... du moins jusqu’au jour ou cela retardera la prise d’une thérapie efficace.
Pourquoi cette remarque ? que veux-tu dire par là ?
[1] Il faut d’ailleurs supposer, pour parler de ce phénomène que ces affections soient systématiques, reviennent avec une régularité d’horloger toutes les années et qu’elles viennent systématiquement avec la même virulence, et hormis au travers de ta propre expérience qui n’est en soit pas une preuve, mais juste une expérience, rien n’a jamais montré que l’on attrapait systématiquement les mêmes affections avec la même virulence. Il se peut aussi que ton système de défense immunitaire soit plus performant depuis un certain temps pour combattre ces maladies, que cela coïncide avec la prise de granules n’est pas une preuve que ton observation soit bien réelle.
En effet, pour l’homicide, je ferais comme toi finalement ...
Oui Fred, je te recommande vivement le potassium. Quelques grammes en intra-veineux et c’est l’arrêt cardiaque assuré avec pour ainsi dire pas de trace du crime. C’est en tout cas plus discret que toutes ces substances retrouvées dans le sang de Mickaël Jackson, c’est vraiment du travail de débutant. D’ailleurs, avec de si beaux talents cachés, c’est à se demander comment je suis encore infirmier avec un salaire misérable alors que je pourrais déjà avoir hérité de quelques fortunes azuréennes....
J’ai besoin d’une précision, quand tu dis la composante serait de 30% tu parles de la composante d’un médicament ou de celle d’une préparation homéopathique ?
De tout médicament. En fait, le simple fait de prendre un médicament engendre un processus de guérison placébo. Un exemple : une étude faite au Brésil (si mes souvenirs sont bons) en double aveugle sur l’administration de ventoline à des asthmatiques contre une copie à l’identique (y compris la même saveur vanille) mais sans le principe actif a mis en évidence 30 à 35% de rémission immédiate de la crise d’asthme. Psycho soma quant tu nous tiens !
On pourrait en tirer la conclusion suivante : lorsqu’un asthmatique a une crise il faudrait d’abord qu’il s’administre le placébo, sans savoir que c’en est un et en cas d’échec prendre le véritable médicament.
Pour l’extrait du CSP, je maintient la phrase. J’ai suffisamment eu à l’utiliser au disciplinaire pour la connaître. Elle date de 1996 à l’époque ou l’article en question était le L 511 et a effectivement été extrapolé à l’Europe. Je tiens la version du CSP à ta disposition à la maison (je sais bien qu’elle n’a plus cours mais je la garde par sentimentalisme).
Je ne connaissais pas la doctrine ainsi présentée : « avoir, dans les maladies, deux choses en vue : être utile ou du moins ne pas nuire » par contre il est vrai que la médecine n’en a retenu que la deuxième partie (cf par ex : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippocrate).
Mais les 2 termes peuvent s’appliquer à l’homéopathie, quand bien même ne relèverait elle que de placébo. En effet, nous avons vu que l’effet placébo soignait dans 30 à 35% des cas. Donc même en refusant la moindre efficacité à cette thérapie on ne peut lui refuser cette efficacité minimum. Elle est donc utile et s’inscrit bien dans la doctrine d’Hippocrate.
pas de preuve ; incompatible avec la méthode scientifique ; pas de mesure possibles ; les seules preuves de son efficacité proviennent des adeptes de cette pratique.
Ces assertions se confondent : pas de preuve car l’homéopathie se révèle incompatible avec les modèle médicaux actuels et non incompatible avec la méthode scientifique. C’est malheureusement la majorité du monde scientifique qui balaie l’homéopathie d’un revers la main sans autre forme de procès que de vague arguments spécieux basés sur le « simple bon sens » et qui ne s’est même pas donné la peine d’établir un modèle permettant de mesurer les effets de l’homéopathie autrement que par l’anamnèse des utilisateurs.
Donc en fait soi disant manque de preuve ne met en évidence que la limite des détracteurs même de l’homéopathie : « Je suis incapable de mettre au point un modèle ou je ne m’en donne pas la peine donc la thérapie est non scientifique. » Je laisse ce comportement hautement scientifique et éthique à libre appréciation de chacun. La preuve par l’absence était utilisée par l’inquisition. Elle a été depuis reconnu non compatible avec les fondamentaux du droit.
Il est heureux de constater que les adeptes de l’homéopathie s’en trouvent soigné. Il ne reste donc plus aux détracteurs de cette pratique qu’à nier leur témoignage. « Non tu n’es pas soigné, puisque je l’affirme ». Un vrai procès en sorcellerie.
Jusqu’à ce jour, la méthode scientifique est la seule à avoir fait ses preuves pour expliquer notre univers. Pour autant qu’elle accepte de se remettre en cause et de revoir ses théories lorsqu’elle tombe face à des faits qu’elle se révèle incapable d’expliquer. C’est tout au moins comme cela qu’elle avance et non en restant figé dans un négationnisme de l’évidence car il ne faut pas oublier que la science ne propose que des théories et des modèles qui sont au mieux la meilleure approximation dans l’instant permettant à l’homme de quantifier l’univers et non de le comprendre.
La science ne détient aucune vérité ultime mais rassure l’homme en lui permettant de se donner l’illusion de maitriser l’univers qui l’entoure. Et c’est justement lorsque j’ai rencontré des doctrinaires de la science-vérité-ultime-de-l’univers que j’ai vu de la médecine inhumaine, celle où l’on s’acharne à sauver des corps au mépris des individus auxquels ils appartiennent. Celle ou le ne voit plus que la maladie ou l’on refuse de considérer l’Homme.
Didier, je n’oublie pas que je dois te répondre ... mais là j’ai pas eu le temps ...